"Françaises, Français, je vous demande de donner une majorité à la France pour qu'elle puisse avancer", a lancé le chef de l'Etat, dont c'était le premier discours public depuis son élection le 6 mai, devant environ 5.000 personnes réunies au Parc des expositions du Havre, sur les anciens docks du port.
"Il vous reste deux semaines pour parachever l'impensable révolution que vous avez accomplie le 22 avril et le 6 mai. Il vous reste deux semaines pour décider ou non de me renouveler votre confiance", a-t-il poursuivi.
"C'est le choix pour la France", a ajouté Nicolas Sarkozy, dans un écho au discours prononcé le 28 janvier 1978, en pleine campagne législative, par son lointain prédécesseur Valéry Giscard d'Estaing, à Verdun-sur-le-Doubs en Saône-et-Loire.
"C'est à vous tous, Françaises et Français, que je veux m'adresser ce soir", a commencé Nicolas Sarkozy devant un décor sobre, aux couleurs du drapeau tricolore, arborant une seule phrase: "Ensemble pour la majorité présidentielle".
"L'ouverture ne me fait pas peur", a-t-il poursuivi. "J'ai été élu sur un projet (...) Mais dans la mise en oeuvre de ce projet, il y a de la place pour toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté qui aiment la France, qui veulent servir la France, sans renier leur histoire ni leurs convictions."
"Je vois bien depuis quelques jours que la pensée unique est de retour (...) On la voit s'insinuer partout et s'opposer à tout", a-t-il déclaré. "C'est les mêmes qui disaient que je ne pouvais pas gagner qui disent que je ne pourrai pas agir. Ils n'ont pas compris la première fois, ils ne comprendront pas davantage la seconde. Alors je vais dire les choses tranquillement mais fermement: le règne de la pensée unique, c'est terminé."
Il a de nouveau exposé sa méthode: "Pour bousculer les contraintes, pour en trancher les noeuds, il faut frapper fort et il faut agir sur tous les fronts à la fois, il faut créer un effet d'entraînement, il faut (...) une masse critique."
Il a cité Danton, figure de la Révolution française : "De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace et la France sera sauvée. C'est exactement ce que je veux faire !"
"Je ne laisserai personne faire obstacle aux réformes que j'estime nécessaire", a insisté Nicolas Sarkozy. "Ce que j'ai dit, je le ferai. Je le ferai dans la concertation, dans la négociation. Je le ferai calmement. Je le ferai en essayant de convaincre. Je ne veux pas passer en force. Mais croyez-moi, je le ferai. Et s'il faut passer des jours et des nuits pour convaincre, eh bien, on va convaincre. Je serai inépuisable."
"Je serai un président qui gouverne", a-t-il ajouté. "Je le serai avec le souci de rester au-dessus des partis et de conserver ce rôle de rassembleur qui est l'essence-même de la fonction présidentielle. Mais je le serai."