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Extrait du discours d'introduction de la 2eme Conférence de l'AtelierEurope.eu hier soir à l'AN salle Colbert. Nous sommes très heureux de vous accueillir en cette soirée du 26 mars au Palais Bourbon, lieu de débat et de discussion par excellence. Nous tenons à remercier chaleureusement tous ceux qui ont permis l’organisation de la réunion de ce soir. Nous remercions en premier lieu le Président de l’Assemblée Nationale, Monsieur Patrick Ollier, le Président du Groupe UMP à l’Assemblée, Monsieur Bernard Accoyer, et Monsieur Bernard Pousset, député de l’Indre, qui nous accueillent ce soir et nous permettent de nous réunir en ce lieu si prestigieux. Nos remerciements s’adressent aussi à nos intervenants qui nous font l’honneur d’être parmi nous ce soir pour éclairer notre réflexion.
Après la Guerre est venue la Paix. Et c’est pour préserver cette Paix sur le continent européen que les pères fondateurs de l’Union ont imaginé les Etats-Unis d’Europe.
Malgré bien des obstacles, qui semblaient infranchissables, les générations qui ont fondé l’Europe – nos parents et grands parents – ont fait l’Union, dont nous célébrons ce soir le 50è anniversaire, l’Euro, le marché commun, et l’espace Schengen. Un immense travail pour bâtir la réalité européenne. Des succès, des échecs, des espoirs, des craintes, et surtout des projets….. qui ont dessiné au fil du temps une organisation inédite, fondée sur le principe des souverainetés partagées.
Aujourd’hui que voyons nous de L’Europe ? le couple franco allemand en difficulté, l’Euro parfois remis en question, un élargissement qui divise, une Constitution rejetée, les Etats-Unis qui parlent de la vieille et la nouvelle Europe, la Russie qui menace nos nouveaux voisins avec son robinet de gaz ….
Pas facile de faire rêver dans un tel climat. L’Union des Etats n’a pourtant jamais été aussi nécessaire qu’aujourd’hui. Et quoiqu’on en dise, les jeunes aiment l’Europe et ce sont eux qui feront l’Europe de demain. Courrier International titrait récemment « Quand je serai grand je serai Eurocrate ». Malgré la crise actuelle, l’histoire de l’Union est loin d’être terminée. Comme a récemment déclaré Mme Goulard, « l’Europe c’est tellement beau, les gens finiront bien par s’en apercevoir ».
L’Europe reste un modèle socio-économique et de gouvernance pour un grand nombre de pays dans le monde. Et malgré les nouvelles puissances d’Asie, l’Union reste le deuxième ensemble économique le plus puissant au monde. Les américains ne s’y trompent pas, et 60% de leurs investissements se font en Europe.
L’Europe, prise entre les ambitions nationales et le destin de sa communauté a besoin d’oxygène. Un nouvel élan vers une vision à jour, car les rêves des européens ont changé en un demi siècle. Selon la jolie formule de Christine Ockrent, il faut « réenchanter » le rêve européen. Alors le défi européen, qu’est ce que c’est aujourd’hui ? • Promouvoir et stimuler l’innovation • Saisir la mondialisation en se prévenant de ses excès • Mettre en place une voix politique et une force militaire pour faire face aux crises du monde. • S’imposer sur la scène internationale comme un acteur cohérent • Défendre ses intérêts économiques et commerciaux • Préparer les énergies de l’avenir • Faire en sorte que ces réussites favorisent l’émergence d’une identité européenne, d’un « vouloir vivre ensemble », autour de valeurs, d’institutions et d’ambitions communes.
Célébrer le 50è anniversaire du Traité de Rome ne doit pas nous faire tomber dans la nostalgie. Il s’agit au contraire d’une opportunité que nous devons saisir pour rebondir, nous tourner résolument vers l’avenir et donner un nouveau souffle, un nouvel élan à la construction européenne. D’ailleurs, comme aime à le souligner Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne, “l’Europe aura le visage que la jeune génération aura décidé de lui donner”.
De la campagne référendaire de 2005, un enseignement s’impose : quel que soit le talent et la détermination des acteurs de l’Europe, qu’ils soient politiques ou issus de la société civile, leur message volontariste ne peut seulement être entendu lors des grandes échéances électorales ! La France, pays fondateur de l’Union à l’initiative de toutes les grandes avancées - du traité de Rome à la Convention pour l’avenir de l’Union - mérite un débat constant, à la hauteur de son engagement historique pour l’Europe. Il est à la fois de la responsabilité de la jeunesse et des citoyens engagés au sein de leurs familles politiques, d’être à la pointe de cette ambition.
C’est précisément en s’inscrivant dans cette perspective, au lendemain de la convention sur l’Europe, organisée en septembre 2005 par Alain Lamassoure et François Fillon, à la demande de Nicolas Sarkozy que l’Atelier Europe a été crée.
L’Atelier Europe est ainsi né d’une double volonté, d’une part, de mettre en lumière les bienfaits que l’Europe nous apporte d’ores et déjà au quotidien et d’autre part, de réduire la distance qui s’est établie entre les citoyens et le projet européen, et ce en produisant un débat populaire et de qualité.
Pour débattre ce soir de ces sujets, nous avons le plaisir, le privilège et l’honneur d’accueillir parmi nous quatre personnalités qui ont gentiment accepté de donner un peu de leur temps, pour venir partager avec nous leur expérience :
> Michel Barnier, Ancien Ministre, Député > Mme Salomé Zourabichvili, ancien Ministre des Affaires Etrangères de Géorgie et Présidente de la Voie de la Géorgie > Jean François-Poncet, ancien Secrétaire général de la présidence de la République, ancien ministre des Affaires étrangères, Sénateur > M. Baudoin Bollaert correspondant à Bonn, Londres, Rome, Washington et à Bruxelles.
Camille Servan-Schreiber & Vincent Yquel Salle Colbert, Assemblée nationale, 26 mars 2007
Bonus : Comment relancer le désir d'Europe ?
Comment relancer la construction économique et politique de l'Europe ? Coment redonner envie aux français de croire en un avenir européen ? Merci
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