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Ce matin à Notre-Dame

Le Monde a rendu hommage ce matin au cardinal Lustiger, ancien archevêque de Paris, à l'occasion de ses obsèques solennelles célébrées en la cathédrale Notre-Dame en présence du président Nicolas Sarkozy. D'origine juive et ayant beaucoup oeuvré pour le rapprochement des deux religions, une vingtaine de représentants des communautés juives française et internationale avaient pris place aux côtés de nombreux archevêques et évêques.

 A la demande du cardinal Lustiger, converti au catholicisme à l'âge de 14 ans, la cérémonie a débuté à l'extérieur de la cathédrale, où le cercueil a été porté par six prêtres et où des prières pour les morts ont été prononcées. La prière juive du Kaddish a été ainsi lue par un cousin du défunt, Arno Lustiger, en araméen, devant les 5000 personnes qui ont pu suivre sur un écran géant la cérémonie à l'intérieur de la cathédrale. Jonas Moses-Lustiger, un petit neveu du prélat décédé dimanche dernier à l'âge de 80 ans d'un cancer, a lu pour sa part le Psaume 113, en hébreu puis en français. "Je suis né juif et je reste juif", avait déclaré Jean-Marie Lustiger.

Nicolas Sarkozy a spécialement interrompu ses vacances américaines pour revenir à Paris assister aux obsèques, tout en assurant qu'il regagnerait les Etats-Unis à temps pour honorer un rendez-vous avec le président américain George Bush samedi. Outre le Premier ministre François Fillon et plusieurs membres du gouvernement, le cardinal Lustiger, qui était membre de l'Académie française, a reçu l'hommage du secrétaire perpétuel de l'institution, Maurice Druon.

 L'ancien président polonais Lech Walesa a également assisté à la messe tandis que Mgr André Vingt-Trois, successeur du cardinal Lustiger, se disait honoré par la présence de Nicolas Sarkozy.

"Les nombreux messages qui affluent de France et de l'étranger expriment la place que le cardinal Lustiger a tenu dans le dernier quart du vingtième siècle, bien au-delà des limites de notre Eglise", a-t-il dit.

"Sa conviction sur la place et le rôle de l'Eglise dans la société civile et la communauté humaine s'en trouverait confirmée s'il en était besoin", a-t-il ajouté.

Dans son homélie, Mgr André Vingt-Trois a souligné que l'on pouvait lire l'histoire de la famille Lustiger - la mère du cardinal est morte en déportation - dans "la seule logique des bouleversements européens du XXe siècle qui conduisirent une famille juive à s'expatrier de Pologne en France, puis à subir la chasse meurtrière des nazis." Mais "on peut aussi la lire comme un chemin au long duquel les épisodes douloureux et les épreuves atroces sont comme la partie visible et cruellement éprouvée d'une alliance entre Dieu et l'humanité, entre Dieu et son peuple élu, entre Dieu et chacun des humains dont il veut faire ses fils", a-t-il ajouté.

Le cardinal Poupart, représentant du pape, a lu pour sa part un message de Benoît XVI. Le corps a été inhumé dans le "caveau des archevêques", une crypte fermée située sous Notre-Dame et où reposent les archevêques de la capitale française.