|
Geraldo Alckmin fait trébucher Lula Le principal rival de Lula à la présidentielle brésilienne a finalement créé la surprise. Geraldo Alckmin, leader du PSDB (Parti de la social-démocratie du Brésil), a démenti tous les sondages qui lui prédisaient pâle figure face au président sortant.Non seulement Lula n'a pas été élu dès le premier tour, n'obtenant «que» 48,6% des voix, mais Geraldo Alckmin fait beaucoup mieux que prévu, avec 41,6%.
Les deux hommes s'affronteront donc dimanche prochain le 29 octobre. Pendant ces 4 semaines, Geraldo Alckmin, a tenté de réduire l'écart.
Dans les derniers jours de campagne, marqués par un nouveau scandale politique éclaboussant le Parti des travailleurs de Lula (PT), Alckmin a connu une phase ascendante dans les sondages. Le 15 septembre, deux personnes liées au PT avaient été arrêtées par la police fédérale en possession de l'équivalent de 630.000 euros destinés à l'achat d'informations prétendument compromettantes pour l'opposition. Au total, six proches ou membres du PT ont dû démissionner, dont le président du parti et coordinateur de la campagne, Ricardo Berzoini.
Geraldo Alckmin axera sa campagne du second tour sur tous les scandales qui frappent le parti de Lula depuis sa première élection, en 2002: «Nous allons avoir un gouvernement éthique, honnête et efficace» a-t-il assuré.
A voir : Video de campagne http://www.geraldo45.org.br/downloads/programa.htm

Geraldo Alckmin (site web), candidat à la présidentielle au Brésil, critique le bilan du mandat de Lula
Geraldo Alckmin est le principal adversaire du président sortant Lula au scrutin présidentiel du 1er octobre. Membre du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB), formation de l'ex-président Fernando Henrique Cardoso, il est crédité dans les sondages de 29 % des intentions de vote, contre 50 % pour le chef de l'Etat, donné gagnant au premier tour. Geraldo Alckmin a gouverné jusqu'en mars l'Etat de São Paulo, le plus riche du Brésil.
Quel est selon vous le bilan de Lula ? Il est très mauvais. L'an dernier, la croissance économique du Brésil (2,3 %) a été la plus basse d'Amérique latine après celle d'Haïti. Les entreprises souffrent de la pression fiscale, qui n'a jamais été aussi élevée. Il y a 2,4 millions de chômeurs rien que dans les six principales capitales d'Etat et leurs environs, selon une récente étude du gouvernement. Et l'agriculture traverse sa crise la plus grave en quarante ans. Dans le seul Etat du Mato Grosso, la baisse de la production de soja va provoquer la suppression de 114 000 emplois directs et indirects.
En matière de lutte contre la pauvreté, le Président s'est en fait contenté de rassembler les programmes sociaux qui existaient déjà. Il les a rebaptisés en faisant beaucoup de publicité autour. Si j'arrive au pouvoir, ces programmes toucheront plus de gens, leur mise en oeuvre sera mieux contrôlée, et ils seront accompagnés d'un plan de développement. La croissance sera ma priorité. Pour l'accélérer à plus de 6 % par an, je propose entre autres une politique d'ajustement budgétaire : l'Etat doit contrôler ses dépenses [en hausse ces deux dernières années, ndlr] pour dégager de quoi investir, notamment pour développer les infrastructures. Je compte également baisser les impôts pour encourager les entreprises à créer des emplois ou à régulariser leur situation pour celles qui opèrent au noir.
Selon vous, Lula était au courant du scandale d'achat de voix et de détournement de fonds mettant en cause sa formation, le Parti des travailleurs... Nul ne peut imaginer qu'il ne savait rien. Tous les jours, un de ses alliés ou collaborateurs est dénoncé ou mis en examen.
Pourtant les «affaires» ne semblent pas affecter sa popularité. Je ne pense pas que la corruption laisse les Brésiliens indifférents, comme on le dit. Les gens sont indignés. Le Président refuse de se rendre aux débats [télévisés, entre les candidats à la présidentielle, ndlr]. Nul ne peut donc contester ses propos.
Vous critiquez la corruption mais le PSDB est également accusé de financement illégal et de détournement de fonds publics. Cela n'affecte-t-il pas votre crédibilité ? Ces affirmations sont infondées. Lula prétend que les scandales ont éclaté avant son arrivée au pouvoir, pour faire croire que tout le monde est comme lui. La justice fédérale, qui a mis en examen des ex-ministres et dirigeants de son parti, affirme qu'il n'y a jamais eu autant de corruption que pendant son mandat.
| |
|
|
|
|