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Nicolas Sarkozy s'est rendu au Bois de Boulogne pour l'hommage aux 35 jeunes résistants qui y furent fusillés par les Nazis le 16 août 1944 à la Grande cascade. Après une sonnerie aux morts et une "Marseillaise" entonnée a capella, l'historien Max Gallo a lu un discours rappelant l'agonie de "ces 35 héros" d'origines sociales et de sensibilités politiques différentes. Il a énuméré les noms de ces jeunes Français qui avaient pour la plupart moins de 25 ans.

Après la lecture de la lettre de Guy Môquet par une lycéenne, poussant M. Sarkozy à écraser une larme, le chef de l'Etat a pris la parole, annonçant que sa première décision serait de demander au futur ministre de l'Education que cette lettre "soit lue en début d'année à tous les lycéens de France".

"Je n'ai jamais pu lire ou écouter la lettre de Guy Môquet sans en être profondément bouleversé", a confié le président, qui en avait souvent cité des extraits lors de ses meetings de campagne. "Un jeune homme de 17 ans qui donne sa vie à la France, c'est un exemple non pas du passé mais pour l'avenir", a-t-il ajouté.

Jeune militant communiste, Guy Môquet a été fusillé le 22 octobre 1941 à Châteaubriant (Loire-Atlantique) parmi 50 otages exécutés en représailles au meurtre d'un officier allemand. Avant d'être fusillé, il a écrit à ses parents une lettre dans laquelle il dit notamment: "Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c'est que ma mort serve à quelque chose (...) 17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous".

>> Photos et intégralité du discours sur Paris16.org



Guy Môquet, héros de la Résistance communiste dont la lettre d'adieu sera lue au début de chaque année scolaire dans tous les lycées de France ainsi que l'a décidé Nicolas Sarkozy, avait été fusillé par l'occupant allemand le 22 octobre 1941 à l'âge de 17 ans.

Sa lettre a été lue mercredi, jour de la prise de fonctions du nouveau président, devant le Monument de la Cascade du Bois de Boulogne en hommage à d'autres jeunes résistants fusillés en 1944.
Fils d'un cheminot député communiste, Guy Môquet, lui-même ardent militant des jeunesses communistes, est arrêté le 13 octobre 1940 gare de l'Est lors d'une distribution de tracts clandestine.
Emprisonné à Fresnes, puis à Clairvaux, l'élève du Lycée Carnot est ensuite transféré, malgré son acquittement, au camp de Châteaubriant (Loire-Atlantique), où il est détenu avec d'autres militants communistes.

Le 20 octobre 1941, Karl Hotz, commandant des troupes d'occupation de la Loire inférieure, est exécuté à Nantes par trois jeunes communistes. Le ministre de l'Intérieur du gouvernement Pétain, Pierre Pucheu, sélectionne des otages communistes "pour éviter de laisser fusiller 50 bons Français": 18 emprisonnés à Nantes, 27 à Châteaubriant et 5 Nantais emprisonnés à Paris.

Deux jours plus tard, neuf poteaux sont dressés à la Sablière, vaste carrière à la sortie de Châteaubriant. En trois groupes, les 27 otages s'y appuient, refusent qu'on leur bande les yeux et donnent leur vie en s'écriant "vive la France". Guy Môquet est le plus jeune. Il est abattu à 16H00.
L'adolescent avait un jeune frère, Serge, 12 ans. Traumatisé par la mort de son aîné, il ne lui survit que quelques jours.

Dans sa lettre d'adieux, Guy Môquet écrit aux siens, d'une écriture régulière: "17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.  "Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon coeur d'enfant", conclut-il.

Depuis 1946, une rue et une station du métro parisien portent son nom tout comme un lycée de Châteaubriant et de nombreux autres lieux en France. Il est l'un des dédicataires du poème d'Aragon "La rose et le réséda": "Celui qui croyait au Ciel, Celui qui n'y croyait pas".