Le Zenith - Le Remix

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« N'ayez pas peur de faire de grands rêves », a lancé le candidat aux 12 000 jeunes réunis au Zénith de Paris.

PASCAL OBISPO y était en concert jusqu'à trois heures du matin. Quelques heures plus tard, c'est Nicolas Sarkozy qui y donnait son récital. Au Zénith de Paris, hier, près de la porte de Pantin, il s'est fait le chantre de « l'amour » devant près de 10 000 jeunes sarkozystes. Un spectacle très rythmé, qui a été précédé par les galipettes des Yamazakis, ces jeunes des cités, produits au cinéma par Luc Besson, qui sont devenus acrobates de rues.


Live Blogging des jeunes avec Sarko pendant le meeting

Les jeunes et Sarkozy : le sujet est parfois délicat. Nicolas Sarkozy compte en effet ses électeurs les plus sûrs chez les plus de 50 ans. Et un candidat de droite, doublé d'un ministre de l'Intérieur, n'est pas considéré spontanément populaire auprès de la jeunesse. Pourtant, les sondages indiquent que le ministre-candidat dispute la première place à Ségolène Royal chez les 18-24 ans. Certes, l'intéressé, reçu sur les ondes de SkyRock, samedi matin, a avoué qu'il ne savait pas ce qui « oinj » voulait dire en « verlan » - « joint », lui a traduit l'animateur Difool, surpris d'une telle ignorance du « parler jeune ».

«La promotion d'une culture commune»

En s'adressant aux jeunes, Nicolas Sarkozy a voulu éviter le discours catégoriel, fait de promesses chiffrées, de bourses d'études et de prêts étudiants à taux zéro. Seule promesse, celle d'un « plan Marshall pour la formation des jeunes ». Il s'est davantage placé du point de vue des défis et des principes. La jeunesse ?


Nicolas et les bloggeurs ont fait un point sur la mobilisation en ligne

C'est « cette envie de vivre jamais satisfaite, ce qui peut expliquer que le bonheur serein n'est pas souvent l'affaire des jeunes ». Pour illustrer ce propos, il cite Baudelaire : « Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage/Traversé çà et là par de brillants soleils », il a voulu exalter « l'envie de vivre », « le désir de faire », et « l'amour ». Quelle philosophie de la vie ? Saluant la figure de Jean-Paul II, il a lancé aux jeunes : « N'ayez pas peur de faire de grands rêves pour votre vie, parce que si vous ne faites pas de grands rêves, personne ne le fera à votre place ». « Je veux proposer aux jeunes Français une grande ambition, parce que les petites sont médiocres ! », s'est-il encore exclamé en se dressant contre « cette mode » qui est « à la détestation de soi, de la famille, de la nation, de la société, de la culture... de l'Occident, de la religion, de la morale, du devoir... ». Une façon, aussi, de revenir sur l'identité nationale : « Je veux la promotion d'une culture commune : celle de la France avec son identité, ses valeurs et ses convictions. »


Citant même la laïcité voulue par Jacques Chirac alors qu'il était défavorable à une loi sur le sujet, en 2004. Il s'est enfin placé sous le signe du pasteur Martin Luther King, en théorisant longuement la « fraternité » entre les races, les religions, les cultures. Et il a promis de « garder sa capacité d'indignation ». En citant, comme il le fait régulièrement, le Darfour, - « scandale inacceptable » -, la Tchétchénie - « une horreur ».









Sylvain Besson, vous êtes correspondant du
Temps* à Paris. Vous demande-t-on régulièrement des articles autour de notre élection ?

Sylvain Besson : 
Tout à fait. Je passe au moins 80% de mon temps sur le traitement de la présidentielle, notamment sur des articles liés à Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy. L'intérêt pour le scrutin est en effet plus important en Suisse, dans la partie francophone bien sûr, mais aussi dans la partie germanophone, que les autres années.

Tout d'abord, en raison de la personnalité des deux candidats principaux. Ensuite, comme la France est en crise, on se demande si un redressement est possible ou si elle va continuer à s'enfoncer dans les difficultés. Enfin, la politique suisse n'est pas très passionnante. Elle se joue sur des référendums factuels et comme nous n'avons pas de président élu, il n'y a pas de personnalisation au niveau national. Résultat : même si cela ne les concerne pas directement et si les implications seront très limitées pour eux, les Suisses trouvent très "fun" et "exotique" de suivre la campagne française.


Comment analysez-vous ce début de campagne ?
S.B : C'est très intéressant de pouvoir suivre le combat, les coups, le suspense. Contrairement à ce que l'on dit souvent, il y a des propositions concrètes dans les deux camps. Sur la fiscalité, par exemple, la droite propose une baisse des impôts pour relancer la croissance alors que la gauche veut les augmenter pour poursuivre l'Etat providence. C'est une vraie alternative pour les électeurs, un vrai choix de société.

Malgré les reproches à son encontre, je trouve également que Ségolène Royal avance ses idées et son projet par petites touches. Mais il est difficile d'en dégager une philosophie en raison du désordre dans la formulation. Elle doit gérer son propre projet, celui du PS et celui qui ressort des "débats participatifs". C'est beaucoup plus difficile à agencer que Sarkozy.


Estimez-vous que les médias français sont trop axés sur ce duel Sarkozy-Royal ?
S.B : Non. Ce sont les deux candidats dont la personnalité est la plus intéressante et la manière dont ils ont pris le pouvoir à l'intérieur de leur parti est très instructive. Surtout, ce sont les seuls à incarner une alternative. Même s'il arrive au second tour, Jean-Marie Le Pen n'est pas éligible. Et si la méthode de François Bayrou est novatrice sur la forme, ses propositions ne sont pas très lisibles sur la fond et sa voie du milieu n'offre pas de vraie rupture économique.

La Suisse s'est invitée dans les débats avec la polémique sur Johnny Hallyday et les propos de Arnaud Montebourg sur la fiscalité*. 
S.B : Ce n'est pas totalement surprenant. Le "paradis fiscal" suisse revient de temps en temps, notamment dans nos relations avec l'Union européenne. Là, il s'est simplement cristallisé sur Johnny Hallyday. En revanche, ce qui est étonnant, c'est la dureté des propos de Montebourg. Plus globalement, cette polémique véhicule surtout les clichés traditionnels sur la Suisse comme le pays où l'on ne paye pas d'impôts ou encore comme un endroit barbant, où Johnny allait s'ennuyer. (tf1.fr)

*Né en mars 1998, ce titre de centre droit, prisé des cadres, se présente comme le quotidien de référence de la Suisse romande et francophone

*Le porte-parole de Ségolène Royal avait menacé la Suisse de "blocus fiscal" en cas de victoire de la candidate socialiste

Lors d'un déplacement tôt dans la matinée au marché d'intérêt national de Rungis (Val-de-Marne), Nicolas Sarkozy a assuré de son soutien les Français qui se lèvent tôt !
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