Chaque mois, la politique est mise à l'honneur avec un décryptage, autour d'un invité, d'un grand thème de l'actualité. Prenant la forme d'un face-à-face ou d'un débat ouvert selon le sujet abordé, l'émission d'Arlette Chabot, directrice de l'information, donne des clés pour comprendre et juger l'événement politique du mois, avec la possibilité pour les téléspectateurs d'intervenir en direct pour apporter leur contribution. 

...et jeudi soir cela risque d'être spécial 




Intervention de M. Nicolas SARKOZY, Ministre d'Etat, Ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire - Hôtel de Beauvau - .

"Mesdames et messieurs,

Je suis particulièrement heureux de vous accueillir à l'occasion de la fête nationale. Chacun d'entre vous à "quelques liens" avec cette grande maison... Nous sommes donc un peu en famille.

Ce rendez-vous chaleureux n'est pas dénué d'une certaine gravité puisque nous entourons de façon fraternelle les familles et les proches de ceux qui, cette année, sont tombés ou furent gravement blessés dans le cadre de leur service.

Assurer la sécurité de nos concitoyens est une mission périlleuse, parfois même dangereuse. Ce risque distingue ceux qui se dévouent à l'ordre public, mais il peut être à la source d'une immense douleur pour ceux qui entourent d'affectation l'être qui a choisi d'être policier, gendarme ou pompier.

J'ai eu l'occasion, il y a un instant, de saluer ces femmes, ces hommes, ces enfants dont la vie familiale et affective a été brisée… Leurs cicatrices sont, je le sais, indélébiles. Rien ne peut totalement apaiser leur souffrance, mais qu'ils sachent qu'ici, en ce jour, nous leur tenons symboliquement la main.

Je veux leur dire que leurs témoignages, leurs regards et leur dignité, sont, pour moi, comme une obligation de résultats.

Je veux leur dire que nous n'oublions pas, nous n'oublions rien !"

LES 13 ET 14 JUILLET prochain les défilés, les feux d’artifice et les bals seront bien entendu de la partie. Mais cette année, les Français auront aussi droit à un événement inédit : le premier Pique-Nique de la République. Comme son nom l’indique, il s’agira de partager un moment de convivialité avec sa famille, ses voisins ou de parfaits inconnus, autour de quelques victuailles et de bonnes bouteilles. Le tout en valorisant les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité.

http://www.lepiqueniquedelarepublique.com/content/blogcategory/2/7/



Depuis 17h30, il est impossible de circuler sur le périphérique nîmois. Aux abords du parc des expositions, les voitures et les bus forment un immense serpent multicolore qui se déplace mètres après mètre, guidé par une horde de policiers en tout genre.


Une heure et demie avant le Sarko show, Nîmes est déjà en ébullition. Arrivé sur le tarmac saint-gillois vers 18heures, le patron de l’UMP file vers la cité romaine, encadré d’un impressionnant service de sécurité. Devant l’entrée du parc, une poignée d’étudiants, dont la tenue vestimentaire dénote avec celle des gardiens du temple, de costumes sombres vêtus, arborent une série de banderoles «anti Sarkozy» et réclament en chœur l’abrogation «de sa loi sur l’immigration».

La foule, qui s’amasse devant les portes, l’invitation bien visible en main, n’a cure des objurgations lancées «par une poignée de jeunes désœuvrés». Il faut dire que le sésame en main, les fans de Nicolas ne voient pas l’heure et le moment de se glisser, après toutefois un passage obligé sous le portier électronique, dans la chaleur moite et étouffante de la salle afin de trouver la place idéale pour «voir Nicolas de près.»

A l’intérieur, on s’agite, on discute, on parle fort, on s’interpelle… tout ça, au rythme de la fanfare locale. Rien ne manque. Il faut dire que depuis deux jours, le petit monde UMP du Gard s’attelle à tout organiser afin que le premier meeting du ministre de l’Intérieur soit une réussite. Il en va de la réputation de la ville et de son maire, Jean-Paul Fournier, qui, en maître de cérémonie, donne le ton. Un ton que l’on ne lui connaît guère. Sorte de sommaire au discours de son hôte, le maire de Nîmes parle politique nationale, et d’une seule traite évoque à la fois le chômage, le CPE, l’égalité des chances ou encore les 35heures.

L’entrée en matière est réussie. «Il ferait un bon secrétaire d’Etat» renchérit Yvonne, militante chiraquienne de la première heure, qui, debout sur sa chaise, attend impatiemment l’arrivée «de mon idole». Synchro avec le discours du maire, Nicolas Sarkozy fait son entrée dans le chaudron. La musique est au maximum. Telle une star de cinéma, le ministre, entouré de gardes de corps, essaie de se frayer un chemin dans la foule compacte qui tend les bras pour le toucher quand elle ne scande pas son nom. Certaines groupies hurlent. «Il est beau, non?» Le sourire carnassier un brin figé, le font de teint pour donner un hâle estival, le boss trace son chemin en direction de l’estrade où l’attend, en sueur, un aréopage de personnalités politiques régionales.

En fond, sur un écran géant un seul mot: Construire. Pas même le sigle de l’UMP. Il est vrai que, paradoxalement, les primaires au sein du parti gaulliste n’ont pas encore eu lieu. Souriant, mais la tête ailleurs, Nicolas prend alors la parole: «Jean-Paul, mon ami…»

Gil LORFEVRE (midilibre)

Par Internet et téléphones portables interposés, des citoyens s'organisent politiquement sans passer par des partis. Qu'imaginez-vous pour les prochaines années ?

Il existe un fossé de plus en plus grand entre les citoyens qui font de la politique dans l'ère des nouvelles technologies et la façon dont les gouvernements, les partis politiques et les institutions y répondent. Si les internautes ne peuvent parler qu'entre eux mais ne peuvent pas s'adresser à l'Etat, les démocraties ne récolteront que des manifestations.


Comment les démocraties peuvent-elles s'adapter ?

Il ne s'agit pas seulement de mettre en ligne les papiers administratifs. En Corée du Sud, le président s'est appuyé sur Internet pour être élu en 2002. Deux ans après, pour les législatives, un site interactif a été imaginé pour favoriser la participation des jeunes. Ils pouvaient y proposer leur vidéo musicale, gagner des téléphones portables en entrant un numéro de carte électorale, etc. Le président a d'ailleurs, en mars, organisé un chat avec ses concitoyens. Même la mairie de Séoul a créé un espace interactif : les internautes s'expriment, le site résume ces contributions qui sont accessibles à tous. Dans le même esprit, en Australie, l'Etat du Queensland a imaginé le site "Get involved" (Impliquez-vous). Le détail des projets de l'Etat est soumis aux réactions. L'opinion générale est résumée en ligne.

Existe-t-il des expériences innovantes en Europe ?

En Finlande, chaque mois, un ministère organise sur le Net un débat qui va des faillites individuelles aux modes de transport. Cette rotation a créé une compétition entre ministères. Résultat : le gouvernement a réussi à rassembler une large audience voulant s'impliquer. L'Italie a lancé un projet local de e-democracy avec 56 petits pilotes locaux. Le Royaume-Uni vient de mettre en place un projet régional sur lequel j'ai travaillé et a investi 5 millions de livres.

N'est-ce pas avant tout de la communication politique bien comprise ?

Si les gouvernants ne le font qu'une fois, cela ne sert à rien. Il ne s'agit pas seulement de répondre à ses mails. Actuellement, seuls 1 % à 2 % des élus des pays développés démocratiques sont vraiment engagés dans Internet : ils expriment leur opinion, répondent, renouvellent leur pensée en ligne. D'ici dix ans, environ 15 % des politiques interagiront en ligne, organiseront des sessions de chat avec les concitoyens sur des problèmes plutôt que de les rencontrer. La politique peut être bien plus créative. Il y aura effet d'entraînement si de hauts responsables politiques s'impliquent.

Ces technologies peuvent-elles favoriser l'émergence d'un parti mondial ?

Les moyens électroniques permettent de répandre largement avec peu de moyens une idée. On l'a vu avec le mouvement du non pour l'Europe en 2005. Cependant, les élections restent sur une base géographique, et j'imagine mal un parti global gagnant des élections.

En revanche, on devrait voir émerger, à l'image des altermondialistes, des réseaux d'idées mondiaux, écologistes ou plus conservateurs, comme les anti-avortement. Une organisation comme Greenpeace, connue dans le monde entier, peut devenir une sorte de parti avec un intérêt unique.

Internet peut-il accélérer la chute d'un système oppressif ?

Le cybermilitant oblige les démocraties à bouger. Mais, dans les pays non démocratiques, ce n'est pas encore un contre-pouvoir. Certes, il existe une fenêtre d'opportunité de deux ou trois ans dans un pays oppressif entre le moment où le territoire est réellement connecté et le moment où le gouvernement contrôle ce nouveau moyen d'expression. En Iran, le phénomène des blogs a explosé et a pris de l'avance avant que le gouvernement ne réagisse.

Même phénomène en Chine. Il est désormais interdit d'aller dans un cybercafé de façon anonyme, et 30 000 employés du gouvernement travailleraient à la surveillance d'Internet. Tous les pays n'ont pas les mêmes moyens humains, mais de nombreuses entreprises proposent déjà des outils de censure, aux Etats-Unis, en Europe. L'Arabie saoudite a centralisé ses accès à Internet. L'association Global Voices explique comment réussir à animer un blog sous un régime répressif. Il est néanmoins très facile d'être pris.

En 2004, Howard Dean est apparu dans la campagne présidentielle américaine grâce à Internet. Y aura-t-il d'autres Howard Dean dans les dix ans à venir ?

Plus le pays sera "connecté", plus ce genre de profil pourra apparaître. Pour autant, tout candidat n'est pas assuré de percer grâce au Net. Howard Dean avait une personnalité très forte. Tout comme Jesse Ventura, l'ancien showman devenu gouverneur en 1998 grâce à une campagne sur Internet qui lui a ouvert la porte des médias, lui a permis de trouver des soutiens financiers et d'organiser sa campagne. Même chose pour John McCain en 2000.

Dans tous les pays de l'OCDE, Internet va devenir la colonne vertébrale d'une campagne politique. Cela ne remplace pas le terrain, les émissions TV, la publicité. Mais cela permettra d'organiser de façon beaucoup plus homogène et étendue une campagne. Son rôle sera prédominant au début, avant que les télévisions et la TV prennent le relais. Si cela n'arrive pas en 2008, je pense qu'en 2012 Internet sera vu aux Etats-Unis comme le lieu où les élections ont été gagnées ou perdues.

Propos recueillis par Raphaëlle Bacqué et Laure Belot

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