UNE FOIS n'est pas coutume, c'est le retour du beau temps malgré la grève et son chaos. Que d'éloges, quasi unanimes, dans les allées plus aérées de cette 34e Fiac, qui entendait défendre les couleurs de la France jusqu'à ce soir au Grand Palais, à la cour Carrée du Louvre et dans le jardin des Tuileries ! Les 179 exposants venus de 23 pays, soit seulement 42 % de galeries françaises, affichent une franche bonne humeu

 En quelques années, l'image de cette foire, qu'on a connue confuse et ronronnante à la porte de Versailles, a bien changé. En un an seulement, sous l'impact tenace du duo Jennifer Flay et Martin Béthenod, elle a su prendre possession du Grand Palais malgré l'architecture écrasante de ce navire de verre et le casse-tête des règles de sécurité. Elle a su aussi prendre une ligne plus claire, quitte à trancher dans le vif et à écarter certains bons exposants (40 nouveaux venus cette année dont 36 étrangers), et imposer une palette variée, ouverte, de qualité, qui correspond à la définition de la culture française. Elle semble bien partie pour retrouver sa place dans la compétition des foires, ces musées éphémères du marché qui se disputent les faveurs des acheteurs hyperactifs, informés et bien conseillés.

Cette Fiac offre, du fait de cette ouverture internationale, des stands de qualité plus qu'enviable. « Les étrangers ne sont pas venus cette fois avec leurs fonds de tiroir pour un petit marché bien français », résume une globe-trotteuse de l'art qui a réussi à faire venir tout un cortège de collectionneurs californiens. Démonstration ? Le public des habitués est resté bluffé devant la confrontation Joan Mitchell-Louise Bourgeois chez Cheim & Read. Devant la table ovni de l'architecte Zaha Hadid chez Ulrich Fiedler, (prototype à 140 000 eur d'une future édition de douze). Devant les Basquiat de Van de Weghe, nom influent de New York (autoportrait au crâne sur fond bleu, peint l'année de sa mort, qui a électrisé Marc et Éric, 39 et 36 ans, cofondateurs d'une start-up informatique).

Les piliers de la Fiac ne sont pas en reste avec quelques accrochages inventifs, forts et inédits, les oeuvres de la Galerie Templon ont été remarqué. J'ai bien aimé l'oeuvre de Rashid RANA (The World is not Enough) sur un air de Grenelle de l'Environnement, ais aussi les artistes du courant artistique baptisé Post Sept11 comme cette installation, cette échelle, ce crâne, corps en verre vide de sang (Dexter est passé par là ?) et enfin ces photos 1 et 2. (Best of 2007)