Depuis 17h30, il est impossible de circuler sur le périphérique nîmois. Aux abords du parc des expositions, les voitures et les bus forment un immense serpent multicolore qui se déplace mètres après mètre, guidé par une horde de policiers en tout genre.


Une heure et demie avant le Sarko show, Nîmes est déjà en ébullition. Arrivé sur le tarmac saint-gillois vers 18heures, le patron de l’UMP file vers la cité romaine, encadré d’un impressionnant service de sécurité. Devant l’entrée du parc, une poignée d’étudiants, dont la tenue vestimentaire dénote avec celle des gardiens du temple, de costumes sombres vêtus, arborent une série de banderoles «anti Sarkozy» et réclament en chœur l’abrogation «de sa loi sur l’immigration».

La foule, qui s’amasse devant les portes, l’invitation bien visible en main, n’a cure des objurgations lancées «par une poignée de jeunes désœuvrés». Il faut dire que le sésame en main, les fans de Nicolas ne voient pas l’heure et le moment de se glisser, après toutefois un passage obligé sous le portier électronique, dans la chaleur moite et étouffante de la salle afin de trouver la place idéale pour «voir Nicolas de près.»

A l’intérieur, on s’agite, on discute, on parle fort, on s’interpelle… tout ça, au rythme de la fanfare locale. Rien ne manque. Il faut dire que depuis deux jours, le petit monde UMP du Gard s’attelle à tout organiser afin que le premier meeting du ministre de l’Intérieur soit une réussite. Il en va de la réputation de la ville et de son maire, Jean-Paul Fournier, qui, en maître de cérémonie, donne le ton. Un ton que l’on ne lui connaît guère. Sorte de sommaire au discours de son hôte, le maire de Nîmes parle politique nationale, et d’une seule traite évoque à la fois le chômage, le CPE, l’égalité des chances ou encore les 35heures.

L’entrée en matière est réussie. «Il ferait un bon secrétaire d’Etat» renchérit Yvonne, militante chiraquienne de la première heure, qui, debout sur sa chaise, attend impatiemment l’arrivée «de mon idole». Synchro avec le discours du maire, Nicolas Sarkozy fait son entrée dans le chaudron. La musique est au maximum. Telle une star de cinéma, le ministre, entouré de gardes de corps, essaie de se frayer un chemin dans la foule compacte qui tend les bras pour le toucher quand elle ne scande pas son nom. Certaines groupies hurlent. «Il est beau, non?» Le sourire carnassier un brin figé, le font de teint pour donner un hâle estival, le boss trace son chemin en direction de l’estrade où l’attend, en sueur, un aréopage de personnalités politiques régionales.

En fond, sur un écran géant un seul mot: Construire. Pas même le sigle de l’UMP. Il est vrai que, paradoxalement, les primaires au sein du parti gaulliste n’ont pas encore eu lieu. Souriant, mais la tête ailleurs, Nicolas prend alors la parole: «Jean-Paul, mon ami…»

Gil LORFEVRE (midilibre)