Et trente-cinq meetings plus tard, Nicolas Sarkozy achève sa campagne… Commencée le 14 janvier par un meeting monstre à la porte de Versailles, à Paris, elle aura conduit le candidat de l'UMP d'usines en parcs des expositions, de fermes en Zéniths, de préférence dans les régions où le Front national a fait ses plus beaux scores en 2002. La dernière réunion publique, à Montpellier, jeudi 3mai, n'a pas échappé à la règle. Quinze mille personnes présentes selon l'UMP, et probablement un peu moins.
Mais comme d'habitude, la salle est pleine, bruissante, enthousiaste. Le débat de l'entre-deux-tours a laissé aux militants un avant-goût de victoire. Avant même que le candidat ne se présente, on chante sur l'air des lampions : "Ségolène à Poitiers, Sarko à l'Elysée".
Ce dernier meeting est aussi l'occasion pour les plus fidèles de se distinguer. Au premier rang, arrivée avec le candidat, on trouve Bernadette Chirac. Un dernier message de soutien muet venu de l'Elysée.
Les poids lourds se tiennent en rangs serrés, mêlés aux hommes de l'ombre : François Fillon et Jean-Louis Borloo, en concurrence pour le poste de premier ministre, Michèle Alliot-Marie et Philippe Douste-Blazy, les porte-parole Xavier Bertrand et Rachida Dati, l'avocat Arno Klarsfeld, l'ami malmené Brice Hortefeux, sa plume Henri Guaino, et François de La Brosse, responsable du site sarkozy.fr.
Un dernier meeting, c'est aussi l'occasion des ultimes ralliements. Cette fois, c'est le député UDF des Alpes-Maritimes qui délaisse "François" pour le candidat de l'UMP. "Si, par malheur, la candidate socialiste l'emportait, lance-t-il, notre pays partirait à l'aventure."
"JE N'AI PENSÉ QU'À ELLE"
Les anciens ralliés sont aussi mis en avant. Eric Besson, qui achève sa mue d'homme de gauche en "progressiste", ainsi qu'il se désigne désormais, y va de son habituel Scud anti-Royal : "Certaines facettes de sa personnalité sont désormais mieux connues des Français." Un dernier meeting, c'est enfin l'occasion, pour Nicolas Sarkozy, d'un récapitulatif complet de ses thèmes de campagne. Un véritable "best of". Tout y passe, la crise du travail, le refus de la repentance, la France et son "long manteau de cathédrales", la "France exaspérée", "la France fraternelle", l'immigration et l'identité nationale, l'héritage de Mai 68 auquel il faut "dire adieu". Il en profite pour assumer encore une fois les mots tant contestés de "Kärcher" et de "racaille", que le public applaudit à tout rompre.
Les Jeunes du Sud avec Nicolas !
Revenu de cette campagne comme d'une croisade, M.Sarkozy prend des accents quasi religieux pour évoquer "l'âme de la France" qu'il a, dit-il, rencontrée au Mont-Saint-Michel, à Verdun, à Colombey-les-Deux-Eglises. Il se dit porté "par cette vague populaire qui, depuis des semaines, monte des profondeurs du pays". Il dit encore : "La France a cessé pour moi de n'être qu'une idée pour devenir presque une personne (…). La France, elle ne m'a pas quitté, je n'ai parlé que d'elle, je n'ai pensé qu'à elle. Je n'ai fait campagne que pour elle." Il entend bien que, dimanche, elle le lui rende. (lemonde)
Nous serons avec Nicolas Sarkozy pour le dernier meeting de campagne qui se tiendra au Parc des expositions de Montpellier aujourd'hui à 18h30 ouverture des portes à 17h30 Un accès blogueurs est prévu.
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