A Ouistreham, le PR a participé à la cérémonie du 8 mai 1945. Dans son discours, il a exalté les soldats de la France combattante, notamment les hommes du commandant Kieffer, « qui, le 6 juin 1944, n’avaient pas seulement risqué leur vie pour libérer la France mais s’étaient battus pour la liberté humaine (…). Ces premiers libérateurs furent de tous les combats de la Libération de la Normandie (…). Ce qui s’est décidé, des plages de Normandie aux faubourgs de Berlin (…), c’est le combat victorieux de ce qu’il y a de plus grand dans l’Homme contre ce qu’il y avait de pire (…). » Le PR a aussi annoncé la création d’un 6e commando marine, une unité des forces spéciales baptisée « commando Kieffer ».
Il s’agit du premier commando marine créé depuis six décennies. La Marine comptait jusqu’à présent cinq unités de forces spéciales, toutes issues de la Seconde Guerre mondiale. Au-delà des symboles, le sixième commando marine, qui sera basé à Lorient (Morbihan) et réunira dans un premier temps 32 soldats d’élite, se veut une réponse pragmatique aux nouvelles menaces rencontrées sur les théâtres d ’ opérations extérieures , comme l’Afghanistan . Sa mission première est d ’ être un commando de commandement et d ’ appui opérationnel .
Pour la première fois, une unité de commandos marine comptera dans ses rangs des maîtres - chiens, dont les animaux seront spécialement entraînés à la détection des « engins explosifs improvisés ». Ces pièges sournois jonchent les pistes d’Afghanistan ou d’Irak où ils font de nombreux morts dans les rangs alliés. Des spécialistes des drones (avions sans pilote), de la guerre électronique, du déminage ou du combat en environnement NRBC (nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique) y opèreront également.
Jusqu’à présent, les commandos puisaient ces ressources pointues au coup par coup dans d’autres unités spécialisées des armées. Au sein du commando Kieffer, elles seront conjuguées à l’entraînement poussé des forces spéciales. Les neuf semaines du « stage commando » forment en effet un processus de sélection impitoyable, marqué par un enchaînement de marches de 30 km (sac de 11 kg sur le dos et arme en bandoulière) , de raids nocturnes, de privation de sommeil, de plongées dans l’eau glacée...