«Je m'voyais déjà. L'image du candidat à l'élection présidentielle, 1848-2007.» Exposition au Passage de Retz, jusqu'au 13 mai. 9, rue Charlot, Paris IIIe. www.passagederetz.com

Le temps est impitoyable et les modes défilent à une telle vitesse que de la modernité à la ringardise, il n’y a qu’un pas, franchi en quelques mandats. C’est une des leçons de l’exposition «Je m’voyais déjà…» au passage de Retz à Paris qui explore l’image du candidat à la présidentielle entre 1848 et 2007. Une manière particulièrement réjouissante d’aborder cette campagne électorale et de retracer en quelques affiches un pan de l’évolution de la politique française.

Si l’intérêt historique est évident, les premières réactions sont plus que souriantes. Pas vraiment moqueuses mais attendries sur l’esthétique politique du XXe siècle, des photographies frisant le kitsch et des slogans aux jeux de mots douteux, comme cet « En avant Marx ! Gauche… gauche… gauche », dans une bulle à la bouche de Georges Marchais en 1974.

Des documents précieux nous ramènent aux origines de l’élection du chef de l’État avec les candidatures de Napoléon Ier, Ledru-Rollin, Lamartine ou encore le général Boulanger, Thiers, Gambetta. Mais le visiteur n’est jamais tant séduit que lorsqu’on lui parle de lui-même, et le passage de Retz le régale en exposant les parcelles d’une mémoire collective où chacun retrouve les bribes des élections qui ponctuent le destin national et les souvenirs de rendez-vous citoyens. (la croix)