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 Nicolas Sarkozy l'emporterait au second tour de la présidentielle avec 54% des voix (=) face à la socialiste Ségolène Royal, créditée de 46% (=) des intentions de vote, selon la 34e vague du baromètre électoral quotidien d'Ipsos/Dell pour SFR et Le Point, publiée ajd.

15% des personnes certaines d'aller voter n'ont pas exprimé d'intention de vote.


Au premier tour, M. Sarkozy arrive en tête avec 30,5% (-1) des intentions de vote devant Ségolène Royal, créditée de 22,5% (-1). Le centriste François Bayrou arrive en 3e position à 19,5% (+0,5) devant Jean-Marie Le Pen à 13% (+0,5).


Olivier Besancenot est à 5% (+0,5), Marie-George Buffet à 2,5% (=), Arlette Laguiller à 2% (=) et José Bové est crédité de 1,5% (+0,5). Trois candidats restent stables à 1%: Philippe de Villiers, Frédéric Nihous et Dominique Voynet. Gérard Schivardi reste à 0,5%.


Dans le cas d'un duel entre Nicolas Sarkozy et François Bayrou au second tour, c'est le candidat de l'UDF qui l'emporterait avec 53% des suffrages (+1) contre 47% (-1).

17% des personnes certaines d'aller voter n'ont pas exprimé d'intention de vote dans cette hypothèse de second tour.


Ce sondage, qui a débuté le 1er mars, est actualisé chaque jour (excepté les dimanches), jusqu'au 4 mai, avant-veille du second tour de l'élection présidentielle française.

Cette 34e vague a été réalisée par téléphone les 5, 6 et 7 avril auprès d'un échantillon national de 1.355 personnes, représentatif de la population inscrite sur les listes électorales (méthode des quotas). Notice détaillée disponible à la Commission des sondages.

Par Internet et téléphones portables interposés, des citoyens s'organisent politiquement sans passer par des partis. Qu'imaginez-vous pour les prochaines années ?

Il existe un fossé de plus en plus grand entre les citoyens qui font de la politique dans l'ère des nouvelles technologies et la façon dont les gouvernements, les partis politiques et les institutions y répondent. Si les internautes ne peuvent parler qu'entre eux mais ne peuvent pas s'adresser à l'Etat, les démocraties ne récolteront que des manifestations.


Comment les démocraties peuvent-elles s'adapter ?

Il ne s'agit pas seulement de mettre en ligne les papiers administratifs. En Corée du Sud, le président s'est appuyé sur Internet pour être élu en 2002. Deux ans après, pour les législatives, un site interactif a été imaginé pour favoriser la participation des jeunes. Ils pouvaient y proposer leur vidéo musicale, gagner des téléphones portables en entrant un numéro de carte électorale, etc. Le président a d'ailleurs, en mars, organisé un chat avec ses concitoyens. Même la mairie de Séoul a créé un espace interactif : les internautes s'expriment, le site résume ces contributions qui sont accessibles à tous. Dans le même esprit, en Australie, l'Etat du Queensland a imaginé le site "Get involved" (Impliquez-vous). Le détail des projets de l'Etat est soumis aux réactions. L'opinion générale est résumée en ligne.

Existe-t-il des expériences innovantes en Europe ?

En Finlande, chaque mois, un ministère organise sur le Net un débat qui va des faillites individuelles aux modes de transport. Cette rotation a créé une compétition entre ministères. Résultat : le gouvernement a réussi à rassembler une large audience voulant s'impliquer. L'Italie a lancé un projet local de e-democracy avec 56 petits pilotes locaux. Le Royaume-Uni vient de mettre en place un projet régional sur lequel j'ai travaillé et a investi 5 millions de livres.

N'est-ce pas avant tout de la communication politique bien comprise ?

Si les gouvernants ne le font qu'une fois, cela ne sert à rien. Il ne s'agit pas seulement de répondre à ses mails. Actuellement, seuls 1 % à 2 % des élus des pays développés démocratiques sont vraiment engagés dans Internet : ils expriment leur opinion, répondent, renouvellent leur pensée en ligne. D'ici dix ans, environ 15 % des politiques interagiront en ligne, organiseront des sessions de chat avec les concitoyens sur des problèmes plutôt que de les rencontrer. La politique peut être bien plus créative. Il y aura effet d'entraînement si de hauts responsables politiques s'impliquent.

Ces technologies peuvent-elles favoriser l'émergence d'un parti mondial ?

Les moyens électroniques permettent de répandre largement avec peu de moyens une idée. On l'a vu avec le mouvement du non pour l'Europe en 2005. Cependant, les élections restent sur une base géographique, et j'imagine mal un parti global gagnant des élections.

En revanche, on devrait voir émerger, à l'image des altermondialistes, des réseaux d'idées mondiaux, écologistes ou plus conservateurs, comme les anti-avortement. Une organisation comme Greenpeace, connue dans le monde entier, peut devenir une sorte de parti avec un intérêt unique.

Internet peut-il accélérer la chute d'un système oppressif ?

Le cybermilitant oblige les démocraties à bouger. Mais, dans les pays non démocratiques, ce n'est pas encore un contre-pouvoir. Certes, il existe une fenêtre d'opportunité de deux ou trois ans dans un pays oppressif entre le moment où le territoire est réellement connecté et le moment où le gouvernement contrôle ce nouveau moyen d'expression. En Iran, le phénomène des blogs a explosé et a pris de l'avance avant que le gouvernement ne réagisse.

Même phénomène en Chine. Il est désormais interdit d'aller dans un cybercafé de façon anonyme, et 30 000 employés du gouvernement travailleraient à la surveillance d'Internet. Tous les pays n'ont pas les mêmes moyens humains, mais de nombreuses entreprises proposent déjà des outils de censure, aux Etats-Unis, en Europe. L'Arabie saoudite a centralisé ses accès à Internet. L'association Global Voices explique comment réussir à animer un blog sous un régime répressif. Il est néanmoins très facile d'être pris.

En 2004, Howard Dean est apparu dans la campagne présidentielle américaine grâce à Internet. Y aura-t-il d'autres Howard Dean dans les dix ans à venir ?

Plus le pays sera "connecté", plus ce genre de profil pourra apparaître. Pour autant, tout candidat n'est pas assuré de percer grâce au Net. Howard Dean avait une personnalité très forte. Tout comme Jesse Ventura, l'ancien showman devenu gouverneur en 1998 grâce à une campagne sur Internet qui lui a ouvert la porte des médias, lui a permis de trouver des soutiens financiers et d'organiser sa campagne. Même chose pour John McCain en 2000.

Dans tous les pays de l'OCDE, Internet va devenir la colonne vertébrale d'une campagne politique. Cela ne remplace pas le terrain, les émissions TV, la publicité. Mais cela permettra d'organiser de façon beaucoup plus homogène et étendue une campagne. Son rôle sera prédominant au début, avant que les télévisions et la TV prennent le relais. Si cela n'arrive pas en 2008, je pense qu'en 2012 Internet sera vu aux Etats-Unis comme le lieu où les élections ont été gagnées ou perdues.

Propos recueillis par Raphaëlle Bacqué et Laure Belot