Au lendemain de la signature du traité simplifié par les 27 pays de l’Union Européenne, l’UMP continue de placer l’Europe au cœur de l’actualité et poursuit ses rencontres avec les Français en organisant ce week-end « 48h pour l’Europe ».

Vendredi, l’UMP avait organisé un débat en multiplex depuis Paris, Dijon, Bruxelles et Lisbonne avec plusieurs personnalités européennes et françaises. Patrick DEVEDJIAN, Secrétaire Général de l’UMP, Michel BARNIER, vice-président du PPE, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Wilfried MARTENS, Président du PPE, Luís Filipe MENEZES, Président du PSD et Philippe MOREAU DEFARGES, chercheur à l'IFRI. Diffusé en direct sur le site de l'UMP, les internautes ont été nombreux à poser leurs questions. Des étudiants avaient été invités à participer au débat au siège de l’UMP.

 Nicolas Sarkozy pouvait exulter samedi matin après l'accord entre les Vingt-sept sur le nouveau traité institutionnel. Omniprésent dans les négociations, le président français a su s'imposer comme un acteur majeur sur la scène européenne dès son premier sommet.

Sa contribution à l'accord aura été décisive. Jeudi soir, il est même allé jusqu'à se substituer à la présidence allemande en conviant dans son bureau le président polonais Lech Kaczinski pour arracher son accord sur la double majorité, point clé des négociations. Au même moment, Angela Merkel, à court d'arguments, menaçait de lancer sans la Pologne la conférence intergouvernementale chargée de rédiger le nouveau traité.

«Il n'était pas possible, moins de 20 ans après la chute du mur de Berlin, de laisser le côté le plus grand des pays d'Europe de l'Est», a fait valoir le président français.

Cette réunion à cinq a illustré la conception européenne du nouveau président. Alors que son prédécesseur Jacques Chirac misait tout sur l'axe franco-allemand, M. Sarkozy, partisan d'un relation Paris-Berlin moins exclusive, a associé à son initiative l'Espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, la Britannique Tony Blair et le luxembourgeois Jean-Claude Juncker, doyen du conseil européen. Le président français a préservé les formes en assurant avoir «travaillé main dans la main» avec Angela Merkel.

Dans les négociations, M. Sarkozy est allé jusqu'à proposer d'aller lui-même devant la Diète (Parlement polonais) pour convaincre les Polonais des bonnes intentions des Vingt-Sept à leur égard.

Il est vrai que M. Sarkozy jouait très gros sur ce sommet, où il n'avait pas droit à l'échec. C'est lui qui avait proposé dès février 2006 l'idée d'un «mini-traité», rebaptisé «traité simplifié», pour sortir l'Europe de la crise dans laquelle elle se débat depuis le double «non» français et néerlandais. Celui qui entend tenir tous ses engagements n'avait pas le choix.

«Cette idée de traité simplifié, c'est la France qui l'a portée depuis le début. Si ça avait échoué, auriez-vous eu le moindre doute sur les perdants?», a-t-il demandé aux journalistes. Sceptiques au début, les Européens ont fini par se rallier à cette idée, qui évite d'avoir à organiser un nouveau référendum en France.

Pendant deux jours, M. Sarkozy n'a pas perdu de vue son ambition à plus long terme, réconcilier la France du «oui» et celle du «non». Il a ainsi présenté le fait que la référence à la «concurrence libre et non faussée» soit retirée à sa demande du projet de traité comme une «réorientation majeure des objectifs de l'Union».

«Cela va peut-être donner plus d'humanité à l'Europe», a espéré M. Sarkozy, rêvant à voix haute d'une «jurisprudence différente» de la Commission.

Les partisans du «non» avaient fait de cette référence à la concurrence libre et non faussée un de leurs principaux chevaux de bataille lors de la campagne référendaire.

Le président français a aussi obtenu l'ajout dans les objectifs de l'Union de la nécessité d'une Europe qui «protège» les citoyens, et d'un protocole sur le «rôle majeur» des services publics en Europe.

A travers ces avancées sociales, M. Sarkozy veut montrer sa volonté de tenir son engagement de campagne de s'adresser à la «France du non».

Mais il s'agit aussi pour le président français de convaincre la gauche d'approuver le nouveau traité lorsque celui-ci sera soumis la ratification du Parlement français, où il devra obtenir la majorité des trois-cinquièmes si le traité nécessite une révision constitutionnelle. En raison du sursaut de la gauche dimanche dernier au second tour des législatives, l'UMP et ses alliés centristes ne disposent pas d'une telle majorité à l'Assemblée nationale et au Sénat.