Le Plateau des Glières - Hommage du Président la semaine dernière
Situé à 1500 mètres dans le département de Haute-Savoie, le Plateau des Glières fut le théâtre de la première bataille de la Résistance, en mars 1944, qui fit dire à un journaliste de la Radio Londres : « Il y a trois pays qui résistent en Europe : la Grèce, la Yougoslavie et la Haute-Savoie. » Cette bataille opposa environ 500 hommes de toutes origines à une division de 10 000 hommes de l'armée d'occupation.
Théodose Morel, dit Tom, est né en 1915, à Lyon. Jeune lieutenant sorti de Saint-Cyr, il est officier au 27e Bataillon de chasseurs alpins (BCA) d'Annecy et rejoint la Résistance dès l'invasion de la zone libre en novembre 1942 et la dissolution de l'armée d'armistice. Sur le Plateau des Glières, il regroupe, dans l'attente de parachutages massifs d'armes en provenance de Londres, la quasi-totalité des maquisards de Haute-Savoie : les uns sont réfractaires au STO (service du travail obligatoire), les autres sont issus des maquis alentour, des mouvements de Résistance et de l'Armée secrète : républicains espagnols fuyant le franquisme, francs-tireurs et partisans de sensibilité communiste, etc. Il s'agit de fédérer et d'armer ces groupes en les encadrant par des militaires, officiers ou sous-officiers issus du 27e BCA.
En choisissant pour devise du bataillon «vivre libre ou mourir»*, en gardant une humanité qui s'allie naturellement à l'héroïsme il recueillit l'adhésion de tous, y compris ceux qui semblaient loin de lui. Jusqu'à sa mort, en mars 1944, il fut un chef attentif, écouté et fédérateur.
Bien que le Plateau des Glières ait été investi par la Milice et les Allemands, en mars 1944, et que Tom Morel ait été abattu par un milicien avant cet événement, la portée de son action a perduré jusqu'à la libération rapide de la Haute-Savoie par le bataillon des Glières reconstitué dès juillet 1944. Le courage du capitaine Anjot qui succéda à Tom Morel y participa assurément.
Aujourd'hui encore, les habitants de ce département dont nombre de leurs enfants ont été abattus au combat, fusillés ou déportés, entretiennent avec le 27e bataillon de chasseurs alpins des relations fondées sur le souvenir entretenu des sacrifices consentis.
* Cette devise fut choisie en référence à une inscription portée sur le socle d'un monument élevé à la mémoire des morts de la guerre 1870-1871 à Annecy (la Savoie n'était alors française que depuis dix ans).